En 2025, la santé mentale s’impose comme un enjeu central du monde du travail en France. Accélérée par les crises successives, la transformation numérique et l’évolution des attentes des salariés, cette prise de conscience dépasse désormais le simple cadre du bien-être individuel. Elle touche directement la performance collective, la fidélisation des talents et la responsabilité sociale des entreprises. Les organisations françaises sont ainsi entrées dans une phase de transition : entre initiatives structurantes et disparités persistantes, la santé mentale devient un marqueur de maturité managériale.
Un état des lieux contrasté en 2025
Les données disponibles en 2025 confirment une réalité préoccupante : stress chronique, charge mentale élevée et perte de sens restent largement répandus. De nombreux salariés déclarent ressentir une fatigue professionnelle durable, en particulier dans les secteurs soumis à une forte pression opérationnelle ou à des transformations rapides. Si le sujet est davantage évoqué, il n’est pas encore traité de manière homogène.
Certaines entreprises ont toutefois franchi un cap. Une grande entreprise de télécommunication, par exemple, a renforcé depuis plusieurs années sa politique de prévention des risques psychosociaux en combinant cellules d’écoute internes, accompagnement psychologique externe et formation des managers à la détection des signaux faibles. Cette approche globale vise à agir en amont plutôt qu’en réaction aux situations de crise.
Des pratiques d’entreprise encore inégales
En 2025, toutes les entreprises n’affichent pas le même niveau d’engagement. Les grands groupes disposent souvent de ressources suffisantes pour structurer des politiques ambitieuses, tandis que les PME peinent parfois à formaliser leurs actions, malgré une volonté réelle. Pour certaines PME, c’est déjà une belle victoire que de former 2 ou 3 salarié.es aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) ou de solliciter l’intervention d’un.e formateur·trice PSSM pour une sensibilisation à la santé mentale auprès des équipes lors d’un séminaire ou sur le temps d’une réunion.
Un groupe leader de l’agroalimentaire intègre désormais la santé mentale dans sa stratégie de performance durable : mise en place de programmes favorisant l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, flexibilité du travail et dialogue managérial. Cette orientation s’inscrit dans une vision selon laquelle le bien-être psychologique est un levier d’engagement et de productivité à long terme.
À l’inverse, dans certains environnements industriels ou logistiques, les contraintes de production rendent la prévention plus complexe. Certaines entreprises, confrontées à des métiers à forte pénibilité et à des horaires atypiques, ont développé des dispositifs spécifiques d’accompagnement psychologique pour leurs salariés.
Initiatives inspirantes observées en 2025
Plusieurs tendances structurantes émergent :
- La formation des managers devient un levier clé. Par exemple, un groupe leader producteur de pneumatiques a investi dans des parcours managériaux axés sur l’écoute, la reconnaissance et la prévention du stress, afin de créer un climat de confiance durable.
- La flexibilité organisationnelle progresse. Télétravail encadré, horaires aménagés et droit à la déconnexion sont désormais considérés comme des outils de prévention, et non comme de simples avantages sociaux.
- Le recours à des partenaires externes se généralise, permettant aux salariés d’accéder à des psychologues ou à des plateformes d’accompagnement de manière confidentielle.
Ces démarches contribuent à réduire l’absentéisme, à améliorer le climat social et à renforcer l’attractivité employeur.
Projection pour 2026 : vers une normalisation des bonnes pratiques
À l’horizon 2026, plusieurs évolutions semblent probables. La première est la structuration généralisée des politiques de santé mentale, sous l’effet conjugué des attentes des salariés, des partenaires sociaux et du cadre réglementaire. De plus, la santé mentale pourrait à terme devenir un indicateur RH à part entière, intégré aux tableaux de bord de pilotage des entreprises. Les organisations les plus avancées feront de ce sujet un pilier de leur culture managériale.
En 2025, la santé mentale en entreprise n’est plus un sujet émergent, mais un défi stratégique. En 2026, l’enjeu sera de généraliser ces pratiques dans encore plus d’entreprises, en particulier les PME afin de poursuivre l’évolution vers un système économique plus humain, durablement engagé pour plus de performance.
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